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Léa Gillabert

Publié le 20 juillet 2017

Cameron Sinclair : penser l’architecture autrement

Cameron Sinclair, célèbre architecte anglais, a choisi de mettre son métier au profit de diverses causes. TocToc vous présente donc cet homme qui a choisi de construire le changement.

La liste d’awards gagnés par Cameron Sinclair est impressionnante. Plus d’une quinzaine au total. S’il est un architecte très récompensé, c’est parce qu’il envisage l’architecture différemment que la majorité de ses collègues. Lui-même se définit comme un architecte « who gives a damn » (qui en a quelque chose à faire). En effet, Cameron Sinclair met un point d’honneur à construire pour la bonne cause.

Cameron Sinclair

Une architecture de cause

Tout commence en 1999 quand Cameron Sinclair fonde Architecture for Humanity avec Kate Stohr. A cette époque, une réponse urgente doit être apportée au Kosovo. Le pays sort de la guerre et a besoin de refuges de long-terme pour le retour des réfugiés. Seize ans plus tard, l’organisation mettait la clé sous la porte, faute de fonds, mais avait construit des infrastructures pour 2,8 millions de personnes réparties dans 45 pays.

Cameron Sinclair, qui avait quitté Architecture for Humanity quelques années avant sa faillite, se lance en 2012 dans une nouvelle aventure : Small Works. Le nom veut aussi bien dire « ce qui est petit fonctionne », que « petit ouvrage ». Il s’agit, là encore, de faire de l’architecture en réponse à des catastrophes naturelles et humanitaires. Le but de l’organisation est de mettre en place des habitations et des infrastructures pour des gens dans le besoin.

Il s’agit donc de développement communautaire, de conservation ou de reconstruction après des désastres. Les personnes concernées sont aussi bien des réfugiés que des vétérans. Ainsi, c’est un hôpital pour soigner les malades du cancer du sein, des cliniques rurales et des écoles qui ont été construits. Ceux-ci sont situés aux Etats-Unis, en Afghanistan et en Jordanie.

Des solutions adaptables et durables

Bien que certaines des constructions de Small Works répondent à une urgence humanitaire, tous les projets sont pensés sur le long terme. Par exemple, certaines de ces infrastructures dans les camps de réfugiés syriens en Jordanie pourront ensuite être redéployées en Syrie (quand la guerre sera finie). De plus, Small Works propose des designs adaptés à l’environnement et à la culture des personnes que l’on aide. Par exemple le projet Hawkeye Sound Lab, qui cherche a soigner les troubles post-traumatiques des vétérans grâce à la musique, prend place dans le désert de Joshua Tree aux Etats-Unis. Cet environnement reclus et grandiose leur permet de retrouver la paix à travers la thérapie.

Le Hawkeye Sound Lab

La même construction peut également être transformée selon l’usage qu’on en fait. Ainsi, un lot d’habitations peut devenir une école ou un hôpital. Il s’agit donc de construire des structures modulables que l’on peut adapter aux besoins de la population. On évite alors des frais supplémentaires en devant reconstruire si les besoins évoluent. Les constructions sont pensées selon l’environnement dans lesquels elles se déploient. Le projet Re:Build qui prend place dans les camps jordaniens de réfugiés est fait de matériaux naturels et d’éléments de construction de base faciles à trouver et à monter. La structure est intuitive et permet donc une construction rapide pouvant être appréhendée par des non-professionnels.

Projet RE:BUILD dans les camps de réfugiés syriens en Jordanie

Favoriser l’implication des communautés

La simplicité de ces constructions permet également d’impliquer les différents acteurs. C’est le cas des réfugiés en Jordanie par exemple. Ceux-ci prennent part aux décisions concernant les infrastructures. Ainsi, on donne la priorité à la parole des bénéficiaires.

Ils sont également actifs dans la construction et la mise en oeuvre. Non seulement cela permet de répondre au mieux aux besoins des personnes concernées, mais cette démarche d’inclusion leur offre aussi la possibilité de se développer personnellement. Les membres des communautés deviennent ainsi des parties prenantes et prennent véritablement part aux projets.

Les réfugiés participent à la construction

 

De par son parcours et ses réalisations Cameron Sinclair montre que l’architecture peut être pensée différemment. Au delà d’une construction et d’un logement, le bâtiment devient un support social. « Let’s give a damn! »

Retrouvez le site de Cameron Sinclair ici