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Julia Jeanloz

Publié le 31 janvier 2019

Le projet Gruvatiez sera labellisé par le WWF

Le futur quartier de Gruvatiez est le premier projet de Suisse à intégrer le label "One Planet Living" (OPL). La démarche OPL, conçue par WWF international, propose aux habitants des villes des solutions, selon des principes d’habitat durable. Pour mieux vous la présenter, TocToc est parti à la rencontre de Catherine Martinson, membre de la Direction de WWF Suisse.

Nous vous en parlions dans l’un de nos récents articles, dès 2020, la commune d’Orbe accueillera 226 logements et 6 bâtiments, première phase du projet d’écoquartier Gruvatiez. Ce dernier répond aux critères de zone d’habitation mixte, soit mêlant activités économiques et logements. Issu d’une collaboration entre la municipalité d’Orbe, le WWF et Orllati Real Estate SA, Gruvatiez sera la première promotion immobilière suisse à viser le label « One Planet Living », délivré par le WWF.

Le groupe Orllati, actif depuis 1995, se compose de plus de 800 collaborateurs. Il compte aujourd’hui parmi les acteurs majeurs du secteur de la construction en Suisse romande. Le projet Gruvatiez s’ajoute à l’importante expérience de l’entreprise en matière d’immobilier.

Cogestim est responsable de la commercialisation des 73 appartements en PPE de ce projet. Messieurs Julien D’Amore et Tiziano Fabbo, courtiers du groupe, se tiennent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Le chantier ayant démarré, TocToc a saisi cette opportunité pour approfondir sa connaissance de la démarche OPL et de ses enjeux propres au milieu de la construction.
 

Madame Martinson, OPL est une démarche ambitieuse et stricte. D’où nous vient-elle? A-t-elle déjà été appliquée au milieu de la construction?

 
Catherine Martinson (CM): imaginée par WWF international, la démarche OPL propose aux habitants des villes soucieux de réduire leur empreinte écologique des solutions prêtes à l’emploi. Celles-ci sont conçues selon des principes d’habitat durable et à travers un objectif social (mixité sociale, intégration de commerces et de postes de travail au sein des quartiers, etc.).

Ce projet a été concrétisé pour la première fois en 2002 par le WWF UK, sous les traits de BedZED ou Beddington Zero Energy (fossil), un quartier résidentiel de 82 logements au sud de Londres. Plus récemment, en France, avec le projet de réaménagement de la presqu’île de Lyon à travers le quartier Confluence (150 ha), la ville de Lyon a manifesté le désir de s’inscrire sous le signe de développement durable en intégrant le label OPL.

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BedZED est le premier écoquartier de Grande-Bretagne © Tom Chance, 2007

Dans tous les cas, l’expérience BedZED a permis de mettre en évidence, pour les porteurs de projet, les promoteurs et les entreprises de construction, l’importance des infrastructures des logements « verts » et du mode de vie communautaire propres à la construction de zones d’habitat durable.

Après le Royaume-Uni, la Suisse, avec Gruvatiez, à Orbe, est l’un des pays précurseurs où un quartier de ce genre verra le jour à l’horizon 2020.
 

Comment avez-vous décidé d’appliquer cette démarche au projet Gruvatiez ?

 
CM: il y a une dizaine d’années, la section WWF Genève a commencé à mener une réflexion sur les besoins en termes d’écologie des quartiers urbains. Elle en est venue à s’interroger sur la manière d’utiliser la démarche OPL dans la construction de nouveaux quartiers. WWF Genève, soutenue par WWF International, a investi du temps et des ressources pour traduire les concepts en indicateurs mesurables et faire un référencement. En Suisse, il existe des normes, mais celles-ci sont rarement appliquées à un quartier dans son ensemble.

Parallèlement, la commune d’Orbe avait pour projet la construction d’un quartier de 500 logements supplémentaires. Elle s’est engagée auprès de ses citoyens à créer un projet durable. Ses recherches l’ont conduite à s’intéresser à la démarche OPL du WWF. Le projet de quartier, une fois soumis à la population, a été largement plébiscité.

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Image 3D de ce à quoi ressemblera le futur quartier Gruvatiez à Orbe.

Avec Gruvatiez, l’expérience montre que la démarche OPL apporte une réelle plus-value aux communes, qui deviennent alors parties prenantes et sont intégrées au projet via la mise en place de groupes de travail.
 

Si vous deviez résumer en quelques mots l’identité d’un quartier OPL, comment vous y prendriez-vous?

 
CM: je dirais l’ambition. Les quartiers OPL sont des quartiers où il fait bon vivre, où l’on peut vivre avec une empreinte écologique plus faible.
 

Quelles mesures pensez-vous favoriser pour faire perdurer cette identité dans le temps, une fois le quartier construit?

 
CM: nous souhaitons pouvoir créer un espace conciergerie de quartier pour le gérer, l’animer et réfléchir en continu à comment le rendre plus durable. Cela permettrait de palier d’éventuels surcoûts.
 

Quels sont les enjeux de la transposition de la démarche OPL à une application concrète aux milieux de la construction et du développement immobilier?

 
CM: quand certains bureaux ont commencé à faire des calculs, ils ont dû mettre à niveau leurs connaissances, afin de pouvoir comprendre nos exigences.

Pour construire et labelliser OPL, il faut suivre les fournisseurs, la manière dont les choses sont mises en place. Dans cette perspective, nous entretenons des contacts étroits avec Orllati.

Dans les pointages réguliers réalisés avec l’HEIG-Yverdon, qui nous aide à monitorer le chantier, nous nous assurons que les exigences prévues par la démarche OPL sont respectées. Nous n’en sommes pas à notre coup d’essai.  Photographier les étiquettes sur la provenance des matériaux, s’assurer que le suivi soit faisable, transmettre suffisamment d’informations au sous-traitant sont des tâches que nous accomplissons au quotidien.