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Julia Jeanloz

Publié le 4 octobre 2018

Entretenir des relations de bon voisinage

Les affaires de voisinage, particulièrement les problèmes, sont de ces sujets de discussion faciles, qui parlent à chacun et font sourire tout le monde… Si les relations avec nos voisins sont souvent source de bonne entente, d’amitié, ce n’est pas couru d’avance. Un malentendu, des non-dits peuvent conduire progressivement à la désagrégation des relations de bon voisinage. Comment devenir un parfait voisin ? TocToc a enquêté et vous livre ses observations.

L’importance de la courtoisie et du contact entre voisins

 

Sacs poubelle odorants laissés à l’abandon devant la porte d’entrée de l’appartement, animaux de compagnie bruyants, apéros festifs, les raisons ne manquent pas pour provoquer le mécontentement des voisins. La série « Nos chers voisins », sur TF1 depuis 2012, fait la part belle à la vie et aux relations de voisinage des habitants du 28, rue de la Source, qui se croisent sur le palier, dans le hall, la cour ou bien encore dans l’ascenseur. Pour autant, n’est-ce pas facile de développer une entente cordiale avec ces personnes qui habitent à proximité?

Qu’on se le dise: le bon voisinage est à la portée de chacun. Que vous soyez un habitant de longue date ou fraîchement arrivé dans le coin, une règle de base s’applique; la courtoisie. Pareille à l’huile dans les rouages, cette dernière facilite les rapports entre les individus, crée de l’empathie, sauve des situations embarrassantes et permet à chacun de trouver sa place au sein d’une même communauté.

Entretenir le contact avec vos voisins en les saluant à chaque occasion forme le premier pas vers des relations de bon voisinage. Essentiel, ce type d’interaction signifie à autrui qu’il est reconnu comme un égal.

Une rencontre impromptue dans les escaliers ou à travers la haie du jardin est l’occasion d’échanger quelques mots, d’en apprendre plus sur les intérêts ou la santé de vos voisins, leurs passe-temps, de connaître leur organisation familiale. Ceci vous aidera à développer une compréhension mutuelle. De petites marques d’attention permettent de prévenir les conflits de voisinage : le dialogue permet la connaissance d’autrui, moteur d’une relation de bonne cohabitation.

Au contraire des relations familiales ou conjugales, le voisinage, n’est astreint qu’à peu d’obligations. La question est de savoir que faire de cette liberté… Être voisins consiste à entretenir un rapport de proximité géographique dans les lieux communs ou publics, qui peut se borner à un simple échange de salutations ou, sur le moyen terme, se muer en convivialité et entraide.  Dans ce type de relation, chacun préserve son intimité, au même titre qu’il est attendu de tous de respecter la sphère privée: pour éviter d’être considéré comme intrusif, on est reçu sur le seuil de la porte et on n’entrera que si on y est invité.

 

Réciprocité et préservation de soi

 
On pourrait résumer le principe des relations de voisinage par l’idée que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Le proverbe repose sur le respect de la double norme propre à toute bonne relation de voisinage: la reconnaissance de l’autre et la préservation de soi et de son espace. En d’autres termes, afin de poser les jalons de bonnes relations de voisinage, il s’agit de se mettre constamment à la place de l’autre en restreignant ses propres libertés, puisqu’il n’y en a pas une qui soit sans limite, mais en étant aussi attentif aux abus de pouvoir. En bref, savoir cohabiter avec ses voisins, c’est savoir manier l’art du compromis.Une indélicatesse de votre voisin vous a froissé ? Peut-être paraît-elle plus grave qu’elle ne l’est en réalité : afin de relativiser, pourquoi ne pas aborder le sujet avec un proche ? Par ailleurs, il est possible que le voisin n’ait pas conscience du dérangement qu’il cause. Ou que vous même n’ayez pas conscience des raisons qui ont amené à ce que vous considérez comme indélicat. De manière polie et avec clarté, vous rendrez attentive la personne à ce qui vous a gêné, en exprimant votre propre ressenti. Pour éviter qu’autrui se sente piégé, il peut en effet être utile de vous souvenir que vos phrases devront commencer par un « je », et non par un « vous », souvent pris comme une accusation.
 

Faire du bruit ? Oui, mais dans le respect d’autrui

 
L’un des exemples les plus frappants d’abus est le bruit nocturne, source majeure de mésentente: on le sait, un mauvais sommeil transforme souvent en bêtes sauvages les êtres civilisés que nous sommes. Les RULV (Dispositions paritaires romandes et Règles et Usages Locatifs dans le canton de Vaud) précisent, à propos de la vie dans un immeuble, que « pour rendre la vie entre cohabitants plus agréable et préserver l’état de l’immeuble, le locataire évite les bruits excessifs qui peuvent incommoder les voisins; il respecte leur repos de 22 heures à 7 heures ». De même, par courtoisie, on évitera dans la mesure du possible cris et piétinements d’enfants, portes qui claquent, déménagement de meubles, musique bruyante, travaux de rénovation, tonte de gazon, etc. de 12h00 à 13h00 tous les jours, les dimanches et les jours fériés.

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Quartier résidentiel © baypick.com

Et la vie, direz-vous ? C’est tout simple, lors d’une occasion exceptionnelle (crémaillère, anniversaire, fête), en cas de dérogation prévisible à cette règle, on veillera au minimum à avertir nos voisins en affichant un mot dans l’entrée de l’immeuble, voire en les invitant à passer manger un gâteau ou prendre un verre.

Pour plus de précisions, il est possible de se référer aux règlements de police ou communaux en vigueur. À titre d’exemple, le Règlement général de la police (RGP) de la Commune de Lausanne prévoit la prohibition de tout acte destiné à perturber la tranquillité et l’ordre publics (art. 26) et l’interdiction de faire du bruit sans nécessité (art. 30).
 

Si ça vous tente, cherchez le contact !

 
Bien qu’il existe plusieurs raisons de se friter avec son voisin, beaucoup ont pris le parti de considérer les relations de voisinage comme des relations privilégiées et susceptibles d’apporter une plus-value au quotidien. Barbecue estival, inauguration de votre cave à vin, fondue hivernale, apéro de bienvenue, toute opportunité est bonne à saisir pour lier contact avec votre voisin. Dans un immeuble à forte mixité générationnelle, pourquoi ne pas proposer un échange de services ? Faire les courses des aînés contre un appui aux devoirs des enfants contribuera à instaurer un climat de confiance et d’entraide.

 

Si vous partez en vacances, apportez une part de tarte à votre voisin pour lui demander de bien vouloir relever votre courrier, ou de s’occuper de vos plantes ou de votre animal de compagnie ; cela vous aidera à aborder votre séjour et votre retour avec sérénité. Enfin, pensez aux impondérables professionnels : soigner le contact avec une personne de confiance habitant à proximité vous permettra peut-être de trouver des solutions de garde de votre enfant au retour de l’école. Les fêtes de quartier ou la Fête des voisins sont des occasions rêvées de nouer le contact.